L’absence de politique nationale annihile l’évolution des TIC au Togo – “Le Togo a pris du retard dans le développement de l’accès aux services Internet”, a affirmé le premier promoteur des TIC au Togo, M. Jean-Marie Noagbodji, PDG de CAFE Informatique et président de l’Entente des spécialistes togolais en Technologie de l’information et de la communication (ESTETIC), lors du lancement, le week-end dernier, des manifestations marquant la célébration des 10 ans d’Internet au Togo.
Dans un entretien, lundi, avec la PANA, M. Noagbodjie indique qu’en 1997, le Togo était le tout premier pays d’Afrique noire francophone à développer les TIC et occupait, avec ses 400 abonnés pour 10.000 habitants, le deuxième rang, après le Ghana, pays anglophones et francophones confondus. Cinq ans plus tard, en 2002, le Togo, malgré ses 427 abonnés pour 10.000 habitants, ne figurait plus dans le tableau de classification produit par le Network Readiness Index, une étude d’évaluation publiée par les Nations unies, tandis que l’Afrique du Sud et la Tunisie, qui touchaient respectivement 682 et 515 abonnés pour 10.000 habitants, s’adjugeaient les 34ème et 36ème rangs. Le PDG de CAFE Informatique explique cette régression par un manque de soutien aux promoteurs du secteur, “le pays n’ayant nullement tiré profit de l’engagement des promoteurs du secteur, étant loin de satisfaire aux critères de classification que sont notamment l’évolution du marché, la réglementation du cadre juridique et la mise en place de politiques et stratégies nationales de développement des TIC. Actuellement, la situation des TIC au Togo, selon M. Noagbodjie, n’est pas plus enviable qu’il y a cinq ans, au regard de l’évolution spectaculaire de ces technologies sur le continent, le pays étant contraint de passer par le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire et prochainement par le Bénin, pour s’ouvrir sur le câble sous-marin. Ce qui justifie l’équipement à ADSL uniquement de la capitale, Lomé et de la ville de Kara, à 400 kilomètres, dans la région septentrionale. La commémoration des “10 ans d’Internet au Togo”, dont les manifestations sont prévues jusqu’au 1er décembre, devra servir de cadre de réflexion sur les meilleurs moyens de “renforcer la coopération entre les deux fournisseurs d’accès sur la place, Togo Telecom et CAFE Informatique, de coordonner, au plan national, les activités du secteur, tout en relevant le niveau et la capacité des prestataires de services Internet”. Cela passe indubitablement par un plaidoyer auprès du pouvoir public, en faveur d’une politique de développement du secteur, sans laquelle les ambitions de l’ESTETIC, à savoir, l’intégration de l’outil Internet aux programmes scolaires et la contribution des TIC à “l’épanouissement socio-économique et culturel des populations, dans une approche de développement intégral, participatif et durable” ne seraient que vœux pieux. Lomé – 19/11/2007 Panapress